Accéder au contenu principal

Port d'attache

Allonger le pas le long du bras de canal qui frappe à la porte de mon quartier : tel fut l'objectif de ma dernière promenade dominicale.
C'est un bras amputé que cette artère longiligne, miroir vert-brun tremblant, coupé net à l'orée de la ville. Autrefois, le canal courait jusqu'à la gare d'eau, station de réparation des bateaux devenue le repaire des pêcheurs et des couples à poussettes. Car les hommes ont préféré bétonner le lit des flots,  leur plâtrer le radius ou le cubitus, au bénéfice de parkings et d'habitations, reléguant à l'extrême frontière de la cité les géantes embarcations des mariniers, peuple premier du quartier où je vis.


En ce dimanche matin d'hiver, les vieilles dames d'acier amarrées semblaient paisibles, craquant leurs coques comme de vieux os, bercées par l'onde chuchotante. 
Dans l'entrelacs des câbles et des amarres, elles exhibaient leurs jolis noms, promesses d'aventures, hommages passionnés ou trésors d'inventivité.

Pendant le repos des péniches, d'autres embarcations, oiseaux-mouches provocateurs insensibles à la rouille, bravaient les flots ce matin. Les rames fortifient les capitaines d'avirons qui naviguent à loisir, là où le batelier forgeait sa charpente pour gagner sa quinzaine. Moi, je me contente de garder pied à terre, à défaut de l'avoir marin. Marcher au bord de l'eau suffit à mes méditations.



J'aime rendre visite à cette berge déserte et observer les parures de ces maisons flottantes. Je ne vous connais pas, ou très peu, chers bateliers, vous, gens du voyage ayant choisi les routes d'eau, défenseurs d'une liberté qui un jour pourtant débarquent dans un port d'attache. Mais, comme il est difficile aux gens des bords de mer de quitter leur littoral, je sais que ce folklore des flots me manquerait si je déménageais.







#batellerie #péniches #canaux #portdeplaisance

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'autre cercle des femmes

Mes chéris, vous êtes nés de mon ventre, vous êtes nés d'une fenêtre alors que la plupart passent par la porte. Une petite porte que toutes les mamans ont entre les jambes. Une petite porte qui est, pour certains bébés, ou certaines mamans, un peu dangereuse à franchir. Alors, pour ces petits êtres-là, les médecins ont appris à ouvrir des fenêtres et c'est autrement que les mamans rencontrent leurs bébés. Tout le monde attend ses invités sur le seuil, personne n'est prêt à ce qu'ils frappent au carreau et en enjambent le rebord ! Ça surprend, ça déboussole, ça inquiète même parfois. 

Je suis une maman à césariennes. Je suis une maman qui a cru très longtemps qu'elle ne faisait pas partie du cercle des femmes, qui s'est sentie exclue du lien qui unissait les autres mères, détentrices du savoir des naissances et survivantes de l'ultime rite initiatique.  Je suis une maman à césariennes et longtemps j'ai pensé que j'étais moins valeureuse. Plus faible …

Yoga à la maison (et en famille)

J'ai pratiqué le yoga en club pendant une année et demi, c'était il y a six-sept ans environ dans le cadre d'un cours collectif. La moyenne d'âge des adhérents frôlait la soixantaine, la logique du cours était à mille lieues de la compétition ou du challenge, au contraire, j'y ai appris le respect du rythme de chacun, la lenteur et l'écoute de soi comme condition sine qua non de l'efficacité. 
Le yoga, un sport ?
Pour certains, le yoga n'est pas un sport, il paraît trop mou, trop lent, pas assez tonique. Pour moi, c'est sans conteste un sport, une discipline. Une discipline de l'être : une discipline du corps et de l'esprit qui ne font qu'un.  En yoga, on ne force pas. Et c'est peut-être là la difficulté ! La base de la pratique, c'est le souffle : il guide les mouvements, porte l'énergie. Se concentrer sur son souffle est par ailleurs un bon vecteur de pleine conscience, un moyen de se recentrer sur le présent, sur le mouvem…

Brosses à dents & zéro déchet

Ma brosse à dents en plastique avait rendu l'âme : c'était le moment d'en acquérir une nouvelle, et tant qu'à faire, en limitant au maximum les déchets liés à cet achat. 
Dans mon supermarché bio, il y en avait bien, mais avec des têtes en plastique, un emballage qui irait tout droit aux ordures, bref, je n'étais pas... emballée. J'ai donc fait une petite recherche sur le net, Google est mon ami. Et j'ai fini par trouver mon bonheur : des brosses tout en bois, compostables une fois les poils de nylon arrachés. Ces brosses sont vendues par la marque Hydrophil, et cette marque, elle me plaît vachement : c'est une entreprise allemande engagée écologiquement, qui propose des produits vegan et à faible impact environnemental. 
Quand j'ai reçu mon petit colis, j'ai également apprécié que les emballages ne contiennent pas de plastique. Tout est entouré de fin papier et de carton, le tout envoyé dans une enveloppe carton. Bref, à part l'étiquette d…