Accéder au contenu principal

Boulivrique

Je me suis dit que c'était peut-être à cause de l'hiver.
Ou bien était-ce ce vide existentiel qui m'avait envahie ces derniers mois ?
Je ne l'explique pas clairement.
Une soif intense de mots, c'est ce que je ressens depuis plusieurs semaines. 
Les livres habitent mon intérieur depuis longtemps, j'ai appris à aimer lire quand j'étais adolescente, variant les traitements selon les humeurs et les saisons, de l'homéopathie à la quasi trithérapie. Il est devenu rarissime qu'un mois se passe sans que je n'aie avalé quelques lignes. 

Comment vivent les gens qui n'ouvrent jamais un livre ? Comment rêvent-ils ? Comment grandissent-ils ? 
Ce n'est pas un jugement, mais une interrogation, réelle. 


Ces derniers temps, je suis boulivrique
J'avale les textes jusqu'à n'en plus pouvoir. J'ai besoin de me remplir d'aliments spirituels, de paysages imaginaires, de personnages, de formules et d'ambiances. 
Lire me permet de prendre beaucoup de recul sur mes propres écrits, feuillets qui s'accumulent et qui, je l'espère, formeront dans les mois qui viennent un tout bien ficelé. Aller au bout, pour la première fois, de la rédaction d'un roman serait une grande victoire contre/avec moi-même. 

J'ai lu avec délectation La rêveuse d'Ostende, d'Eric-Emmanuel Schmitt : je vous parlais de cette ville belge le mois dernier, les description qui en sont faites dans cette nouvelle sont d'une justesse inégalée, la trame narrative quant à elle m'a embarquée jusqu'à la dernière ligne. Un bijou. 

J'ai dévoré du Nothomb, encore. J'avais lu un opus de son cru il y a des années, me promettant d'en lire d'autres. Et puis sans raison, je ne l'ai jamais fait. La curiosité n'y était pas. Je me suis rattrapée l'été dernier, ingurgitant à la chaîne plusieurs de ses romans, happée par l'incroyable capacité de cette auteur à cerner les relations humaines et à les injecter avec finesse dans des fables universelles. 

Quel délice d'être emportée dans des univers si variés, de passer du roman noir à l'autofiction, de la nouvelle à l'épistolaire ! La littérature est une porte ouverte sur la multitude et sur la diversité, sources d'une richesse inestimable pour nos esprits bien trop souvent endormis par les routines. 
Lire demande d'en prendre le temps et d'y consacrer toute la présence de son être.
Le temps est le bien le plus précieux dont il nous est permis de disposer, à notre époque.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'autre cercle des femmes

Mes chéris, vous êtes nés de mon ventre, vous êtes nés d'une fenêtre alors que la plupart passent par la porte. Une petite porte que toutes les mamans ont entre les jambes. Une petite porte qui est, pour certains bébés, ou certaines mamans, un peu dangereuse à franchir. Alors, pour ces petits êtres-là, les médecins ont appris à réaliser des sorties par effraction, à ouvrir des fenêtres et c'est autrement que les mamans rencontrent leurs bébés. Tout le monde attend ses invités sur le seuil, personne n'est prêt à ce qu'ils frappent au carreau et en enjambent le rebord ! Ça surprend, ça déboussole, ça inquiète même parfois. 

Je suis une maman à césariennes. Je suis une maman qui a cru très longtemps qu'elle ne faisait pas partie du cercle des femmes, qui s'est sentie exclue du lien qui unissait les autres mères, détentrices du savoir des naissances et survivantes de l'ultime rite initiatique. Je suis une maman à césariennes et longtemps j'ai pensé que j&#…

Grossesse : vivre et comprendre le RCIU

Aujourd'hui, j'avais envie d'aborder un sujet très personnel, mais qui touche hélas beaucoup de femmes. Un article fleuve, je m'en excuse par avance...
Qu'on ne s'y méprenne pas, je ne suis pas enceinte. Seulement, il y a 4 ans, à cette date, j'avais rendez-vous pour l'échographie du deuxième trimestre de ma première grossesse. Ce que j'ignorais ce matin là, c'est que j'allais recevoir le tout premier signal d'une fin de grossesse compliquée. Lors de cette échographie morphologique, vers 4 mois et demi de grossesse, les médecins vérifient que le bébé est correctement formé, que tous ses organes sont normaux et à leur place. On y apprend souvent le sexe du bébé, c'est d'ailleurs ce que le "grand public" retient et attend de ce rendez-vous. C'est également la première échographie où les mesures ont une importance. Ces mesures, justement, n'étaient pas, pour mon bébé, dans la norme. Pour la première fois on me parl…

Demain entre tes mains

Entre mes mains, le matin de Noël : un bel objet, un bel outil, un vrai bijou.
Demain a été pour beaucoup de spectateurs un film déclic, une révélation qui nous a poussés à agir, à reconquérir ce pouvoir qui semblait nous échapper. Nous avions également adoré lire Demain et après, l'ouvrage complet qui reprend les entretiens du films sous la plume nette et porteuse de Cyril Dion. Impossible, donc, de passer à côté de cette version album jeunesse, coécrite par Cyril Dion et Pierre Rabhi et illustrée par le collectif d'artistes Costume 3 pièces.
 Demain entre tes mains est un ouvrage fort. 
Le contenu narratif et argumentatif n'offre aucune surprise à un adulte qui se réclame de l'état d'esprit des colibris : on s'y retrouve, la première partie de l'ouvrage fait un état des lieux du contexte environnemental et sociétal, la seconde est une ouverture sur les possibles qui permettraient à notre société de retrouver du sens et de devenir plus respectueuse de la nat…